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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:01

Comment bien vivre ensemble dans le respect mutuel ? Conférence du samedi 27 septembre 2014, à la Ville de Plaisir (Yvelines), par Amadou Bal BA baamadou.over-blog-blog.fr.

La décapitation d’Hervé GOURDEL, par des fondamentalistes religieux, précédée et suivie de ces odieux actes, porte un coup sévère au bien-vivre ensemble, par les amalgames insupportables qu’elle suscite, immanquablement. «Calomnie, calomnie, il en reste toujours quelque chose», disait Beaumarchais. Au moment où le Front National, parti xénophobe, ne cesse dans l’opinion publique et sur le plan électoral, tout acte barbare, de cette nature, alimente les peurs, les plus irrationnelles, et donc favorise le rejet de l’autre. Comment en est-on arrivé là ?

Quand on examine le bien-vivre ensemble, on a le sentiment de contempler un phénomène de schizophrénie : deux conceptions de la Nation française s’affrontent.

D’un côté, on a la France républicaine, celles Lumières, des droits de l’homme, et donc de la tolérance, qui a posé une règle de base de sa Nation : l’égalité de tous ses citoyens, quelle que soit leurs origines ethnique ou religieuse. Ernest RENAN (1823-1892) a définit la Nation française comme étant «c’est le sentiment de vouloir-vivre en commun». En effet, la nationalité n’est pas une question ethnique, mais elle est essentiellement fondée sur l’acceptation de principes fondamentaux qui régissent le bien-vivre ensemble. Pour moi c’est la seule et vraie France.

De l’autre, des xénophobes, inspirés d’une idéologie assimilationniste, esclavagiste et colonialiste, ont tenté de brouiller ce message universaliste de la France, en ramenant l’identité française à des considérations religieuses, régionales ou ethniques. C’est ce qui explique les tensions autour des régionalismes corse, basque breton, du sort tragique des Protestants à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, de celui Juifs dont la nationalité française a été longtemps déniée et des différentes rafles dont ils ont été l’objet lors de la 2ème guerre mondiale. Les immigrants d’origine européenne, après la guerre civile en Espagne ou les dictatures du Portugal, avaient soulevé de grandes polémiques. Certains disaient, de façon péremptoire, que le catholicisme des Polonais est si particulier que jamais on ne pourra les intégrer.

Les xénophobes s’inspirent de l’idéologie assimilationniste, puis ils ont dévoyé le terme d’intégration de sa signification originale. L’assimilation est une idéologie colonialiste qui nie la différence, dévalorise la culture des autres, et met des obstacles au bien-vivre ensemble. C’est le processus de transformation culturelle que subissent les groupes sociaux minoritaires, au contact du groupe majoritaire, jusqu’à la progressive disparition de tous traits culturels initiaux. La différence n’est pas un mal, mais une richesse. En particulier, le concept de laïcité qui intègre la diversité, en reléguant les croyances religieuses dans la sphère privée, est opérationnel pour le bien-vivre ensemble. L’intégration, dans la démarche d’Emile DURKHEIM, s’oppose à l’anomie ; elle signifie des rapports sociaux harmonieux. Mais la notion d’intégration ne s’applique plus à la société dans son ensemble, mais à l’individu. L’individu est intégré quand il est «englobé» par ses différents groupes d’appartenance. Cependant, ce concept noble d’intégration, a été dévoyé actuellement de son sens, par le courant assimilationniste. En effet, dans le discours xénophobe et raciste, l’intégration qui ne vise que les étrangers ou les immigrants ; les étrangers sont sommés de s’intégrer, mais rien n’est pas fait concrètement, pour les aider à le faire. Bien au contraire, la stigmatisation et la libération de la parole raciste ont atteint en France, un niveau, jamais égalé.

Cette montée de l’intolérance en France trouve ses racines, en grande partie, par un contexte de crise économique durable et par l’histoire colonialiste et esclavagiste de ce pays. En effet, la France est confrontée à une immigration massive venue du Tiers-monde, au départ, pendant les 30 glorieuses, autour du boom de la construction des automobiles. Depuis lors, les tensions autour du vivre ensemble s’expliquent par le fait que l’Empire colonial s’est disloqué, la crise a provoqué un chômage de masse, la construction de l’Europe ainsi que la mondialisation ont réduit considérablement la place de la France dans le monde. Vivre ensemble est devenu l'enjeu incontournable de notre société en pleine mutation. Nous quittons un monde sans savoir véritablement où nous allons. Dans ce contexte, les politiques peinent à définir les règles du vivre ensemble. Chacun cherche refuge dans son identité ou dans une communauté homogène, nous en venons inévitablement à rejeter l'Autre dont la différence apparaît vite comme une menace. Comment vivre ensemble aujourd'hui ? Dans un monde en crise, comment établir et maintenir une relation avec l'autre ?

  • Qu’est-ce qu’être Français en France au XXIème siècle ? Comment voulons-nous vivre ensemble ?
  • Qu’est-ce qu’être Français en Europe ? Quelle Europe voulons-nous ?
  • Qu’est-ce qu’être Français dans le monde ? Quel rôle voulons-nous tenir dans la mondialisation ?
  • Comment vivre ensemble à la fois égaux et différents ?

Je suis d’un pessimisme ensoleillé. On peut recenser dans le vivre ensemble, à la fois des éléments de défiance, qui peuvent nous rendre pessimistes, mais aussi, et surtout, des éléments de confiance en l’avenir, qui inspirent à l’optimisme.

I – Vivre ensemble, les éléments de défiance

Diverses tensions, des peurs irrationnelles et plusieurs indicateurs montrent que nous sommes au bord de la rupture :

1 – La France est le pays le plus pessimiste du monde,

La France, ce beau pays première destination touristique, est devenue le pays le plus pessimiste du monde. Les Français craignent de nouveau, pour leur avenir et pour celui de leurs enfants. Ce pays traverse une grave crise d’identité ; les inégalités s’accroissent et la distance entre les hommes se creusent, et l’intolérance s’installe.

2 – La montée des extrémismes et de l’intolérance

La montée des extrémismes et de l’intolérance chacun tire la couverture à lui et rejette l’autre. L’idéologie d’extrême-droite bouscule les partis républicains. La présence durable, dans le paysage politique français, d’un parti d’extrême-droite, dont le fonds de commerce repose sur la stigmatisation, est une donnée majeure. Jean-Marie LE PEN, aux présidentielles de 1974 n’avait fait que 0,74%, mais le FN a fait une percée aux municipales de Dreux en 1983. Le candidat socialiste, a été éliminé au 1er tour des présidentielles du 21 avril 2002, au profit du représentant du FN. Aux élections européennes de 2014, le FN, avec ses 25%, est devenu le 1er parti de France. Aux sénatoriales de septembre 2014, et pour la premières, le FN a deux députés. L’influence du FN dépasse, largement, son électorat. En attendant l’arrivée, toujours possible, de cette peste brune, la parole raciste a été libérée de façon extraordinaire en France, ce qui sape, considérablement, le vivre-ensemble. Je repose la question de la place du Front National, dans le système politique français. Les cas allemands en 1933, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, algérien en 1992, égyptien en 2013, avec la poussée des fondamentalistes, ont bien montré qu’un parti, hostile à l’égalité, une des bases essentielles de la démocratie, n’a pas sa place dans la République. Tout parti, souhaitant recueillir le suffrage des électeurs, devrait signer une déclaration minimale de respect des valeurs républicaines, comme la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité, ainsi que la forme civile du gouvernement.

Les fanatismes religieux, notamment le fondamentalisme et son terrorisme sont insupportables et donnent le sentiment d’une guerre entre l’Occident et l’Orient. Ce fondamentalisme cause de grands dommages au bien-vivre ensemble et fait progresser le FN. Nous musulmans de France, nous devons réagir énergiquement contre ces intégristes qui ne représentent pas l’Islam. Ce sont des barbares. «Not in My Name».

Un système social et d’indemnisation des chômeurs généreux, des groupes de pression, des minorités agissantes, (groupes sociaux ou professionnels), qui obtiennent des avantages, créent des frustrations et portent atteinte au bien-vivre ensemble.

  1. – L’affaissement des valeurs morales et politiques

L’affaissement des valeurs morales et politiques, notamment la perte de confiance en la parole publique, le climat détestable des «affaires» et l’exposition de la richesse ou du train de vie de certaines catégories sociales aisées, sont autant d’indices qui portent atteint au bien-vivre ensemble. Le slogan « tous pourris », a fait reculer les valeurs de gauche d’égalité, de bienveillance, de diversité, au profit des valeurs d’extrême-droite fondées sur l’identité nationale, le discours xénophobe, normalement un délit, mais érigé capital politique.

Sous l’effet de la crise et de l’affaissement des valeurs politiques et morales, il en découle un individualisme et un repli sur, «l’entre soi » entre arrogance et ignorance. Le communautarisme politique se consolide. Les élites sont entre elles et gardent jalousement leurs privilèges. Le communautarisme territorial s’accentue. Les gens dits «bien», quittent certains départements comme la Seine-Saint-Denis. Les zones rurales se sentent abandonnées. Certaines catégories sociales fragiles sont stigmatisées (chômeurs, retraités, bénéficiaires de minas sociaux, etc.).

4 – Le sentiment d’impunité ou d’insécurité

La montée de la violence crapuleuse ou des incivilités provoque un sentiment d’impunité et dévalorise la valeur travail. M. SARKOZY, dans sa rhétorique parfois outrancière, avait promis de «nettoyer tout cela au Karcher». La lâcheté et la couardise nous empêchent de porter plainte. Même quand se déplace au commissariat pour porter plainte, cela les ennuie les agents de police qui préconisent une simple main courante, souvent classée sans suite. Deux points constituent une agression contre le bien-vivre ensemble :

C’est d’une part, les incivilités de ces «sauvageons» qui brûlent les voitures de leurs voisins, dégradent pourrissent la vie dans la cité, ce n’est pas acceptable. On ne s’agglutine pas, on ne crache pas devant les immeubles. Encore moins, on ne dégrade pas les équipements publics qui sont les biens les précieux pour les plus démunis. On ne fraude pas les transports. Bref, en citoyen rationnel, chacun devrait s’abstenir de tout comportement indigne susceptible de dégrader la relation à l’autre d’un citoyen. Je trouve qu’on ne dit pas assez fort que les incivilités, le manque de savoir-vivre, ne font pas partie de nos valeurs culturelles. Tous les faits qui relèvent, non pas de la révolte sociale, mais d’infractions crapuleuses (contrebande, trafic de drogue, troubles de voisinage, fraude à la sécurité sociale, dégradations de biens publics ou privés, agressions), doivent être sévèrement sanctionnés. L’origine ethnique ou les difficultés sociales ne sont nullement une excuse.

C’est d’autre part la délinquance des mineurs qui soulève un équilibre à trouver entre protection nécessaire et souci du bien-vivre ensemble. En France, certains mineurs pensent que leur statut les autorise à enfreindre la Loi, en toute impunité. En Afrique, quand un jeune manque du respect à un Ancien, il reçoit immédiatement une correction, et on lui fait la leçon après. C’est l’une des faiblesses de la démocratie française, sa grande permissivité. Des parents qui exercent la moindre pression sur leur enfant sont convoqués devant la justice et sont privés de leur autorité parentale. Je ne suis pas un père fouettard. Je ne réclame pas des châtiments corporels à tout-va. Mais les parents ont le devoir de veiller l’éducation morale de leurs enfants et fixer des limites à ne pas dépasser.

L’Etat républicain est, revanche, particulièrement, dur contre cette majorité paisible qui ne demande qu’à vivre légalement en France. L’Etat s’il doit traiter les troubles à l’ordre public, doit également, les causes profondes de ceux-ci et y apporter des solutions adéquates. Ainsi, les lieux de cultes des musulmans sont découragés.

Les collectivités locales, pour acheter la paix sociale, pendant les vacances, organisent des séjours pour les trouble-fêtes. Sans doute qu’il faille miser sur la rédemption, toujours possible, de l’Homme. Il faut donner une chance, même à ceux qui ont fauté. Cet optimisme, sans limites, de la France, en la capacité de tout individu de s’amender, me va très bien. Mais de là à organiser des villégiatures pour ceux qui nous pourrissent la vie, je ne peux qu’exprimer le plus grand désaccord. En revanche, on devrait organiser un système de récompense, notamment, pour les élèves méritants dans les écoles. Cet encouragement peut se manifester, notamment, par des dotations en livres, en chèques vacances, ou en aide à trouver un stage, un apprentissage, un emploi d’avenir, un job d’été, passer le permis de conduire, financer une préparation d’un concours, etc. Comment donc bien vivre ensemble, dans le respect mutuel ? Comment s’en sortir ?

II – Vivre ensemble, les éléments de la confiance

Le vivre ensemble est une construction dans le temps, qui exige un effort de chacun.

1 – Se respecter, respecter les autres pour se faire respecter :

Les Français issus de l’immigration, ont des droits, mais aussi des obligations. Droits et obligations sont inséparables ; chacun étant la facette de l’autre. Chaque citoyen conscient de ses droits doit d’abord connaître qui il est, et se respecter. On ne peut pas exiger des autres le respect, si on ne se veut se faire respecter. Et, pour cela, il est requis de chacun d’observer un minimum de contraintes du vivre-ensemble ensemble.

A mes ancêtres les Gaulois, je rappelle que dans la République, le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Par ailleurs, ceux qu’on appelle «les immigrés», ce sont des Français issus de l’immigration, ils ne partiront pas. En conséquence, il faudrait, tous, apprendre à vivre ensemble dans le respect mutuel.

2 – L’intégration par l’école républicaine :

Le racisme est né de la peur et de l’ignorance des autres. L’école, puissant moyen d’intégration au sein de la société, véhicule des valeurs d’égalité et d’intégration. Le racisme est, fondamentalement, la méconnaissance de l’autre. Les sondages montrent que les Blancs n’aimeraient pas avoir pour gendre un Noir et un Arabe, à plus de 70%. Cependant, dès qu’un Blanc connaît un Noir ou un Arabe, il s’empresse parfois de lui dire : «mais toi tu es intelligent, ou sympa, mais ce sont les autres qui nous pourrissent la vie». Nous devons donc lutter, farouchement, pour l’éducation, la scolarisation et la formation de nos enfants. La clé de l’intégration est, en fait, non seulement dans l’exemplarité de notre comportement, mais aussi et surtout, dans notre cœur. «L’enfer ce n’est pas les autres», c’est l’idée que l’on se fait, parfois, d’un sentiment permanent de persécution.

Mais l’éducation c’est aussi l’affaire de chaque famille qui doit inculquer à ses enfants, des principes et valeurs du vivre-ensemble. Après la suppression d’une Armée professionnelle, un service civique, d’un an, en Afrique ou au Maghreb, pour ces jeunes désoeuvrés, leur fera découvrir ce que c’est le sous-développement. Ils apprécieront mieux après de vivre en France. La presse a un rôle éducatif, mais on n’invite souvent aux médias que de soit-disant spécialistes du Tiers-monde, mais qui ne connaissent pas vraiment le fonctionnement des différentes communautés établies en France. Il faudrait plutôt mobiliser la majorité silencieuse, pour cette éducation, en faisant appel aux dignitaires religieux et aux associations (port du voile intégral, délinquance, islamisme, etc.).

3 – Une France plus forte et plus solidaire : la promesse républicaine d’égalité

La grande invention des Occidentaux, qu’il faut préserver et consolider, est le concept de «démocratie et des droits de l’homme». Mais la démocratie est largement insatisfaisante, si l’Etat ne combat pas la pauvreté et l’injustice sociale (plein emploi, logement et mixité sociale, équilibre entre les territoires). Car ce sont là des causes profondes, de l’inquiétude et de la peur, qui sapent le bien-vivre ensemble. La promesse républicaine d’égalité, Gambetta : «La République, ce n’est pas de reconnaître des égaux, mais d’en faire». Les discriminations subsistent et frappent de plein fouet ceux qui sont déjà les plus défavorisés socialement. Le combat pour le vivre-ensemble n’est ni communautaire, ni identitaire, il est républicain réussir l’égalité réelle. Lutter contre les inégalités économiques et sociales, que la promotion de la diversité n’est pas une question ethnique, mais c’est d’abord, et avant tout, une question sociale. En conséquence, il faudrait favoriser la mixité et l’ascension sociale :

Le logement est au cœur du bien-vivre ensemble. Pour l’instant les gens, même s’ils sont issus de l’immigration, dès qu’ils le peuvent, ne cherchent qu’à fuir les quartiers à forte concentration d’exclus. Tout le monde appelle de ses vœux la mixité sociale. On craint pourtant les logements sociaux synonymes, pour les frileux, de relégation, d’immigration, de pauvreté, de délinquance et d’assistanat. La fracture sociale devient de plus en plus grande. La rénovation, régulière, de parc de logement social, est une nécessité pour que ces territoires ne soient pas synonymes d’exclusion. L’accès à la propriété pour ces logements sociaux et le mélange social et accès à la propriété sont peut être, une des solutions.

Le travail est un facteur un puissant facteur d’intégration. Plus de 3 millions de chômeurs, la situation est difficile pour tout le monde. Elle l’est encore plus pour les jeunes issus de l’immigration qui accumulent plusieurs handicaps. Ils sont, de plus en plus diplômés, sous-estiment ou méconnaissent les opportunités qu’offre l’entrée dans le secteur public. Le concours c’est l’égalité parfaite ; on ne peut pas suspecter, raisonnablement, les autres de discrimination. Quand, on est diplômé, il suffit de s’y préparer, méthodiquement, pour maximaliser ses chances. Pour ceux qui veulent se destiner au secteur privé, les formations qu’ils entreprennent sont souvent inadéquates aux besoins des entreprises. Ce qui m’a le plus frappé c’est que ces jeunes ne savent pas ne savent pas se vendre sur le marché du travail (Comportements inadéquats, ne pouvant qu’inciter, fortement, au rejet de la candidature ; une grande innocence et une grande naïveté dans certaines réponses ; méconnaissance de l’environnement du travail, des valeurs ou références culturelles). L’Etat, les associations et la famille ont un rôle stratégique et prééminent, dans l’orientation, l’information des opportunités.

La diversité en politique reste nécessaire, parce qu’hautement symbolique, et permettant donc de briser des tabous. Pour ce qui est de la haute administration (Etat et entreprises publiques), où les nominations sont discrétionnaires, le gouvernement, dans un souci d’équité, devrait nommer les personnes issues de la diversité à certains postes. Ces signaux positifs peuvent stimuler ceux qui sont enclins à sinistrose et au pessimisme. L’espoir est au cœur de la vie ; c’est un puissant facteur de mobilisation des énergies qui sommeillent en nous. Là aussi, même dans cette politique de discrimination positive et pour ne pas justement, la décrédibiliser, le critère de compétence doit rester le point nodal.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales qu’on attend depuis 34 ans est une occasion manquée pour une éducation à la démocratie et une consolidation de l’intégration, et donc du bien-vivre ensemble.

L’Etat, au lieu de diminuer les ressources, ferait mieux de renforcer les services publics, notamment dans les zones rurales.

4 – Un monde de paix, de démocratie et de justice

La mondialisation et l’Europe inquiètent. La plupart des convulsions du monde ont des incidences sur le bien-vivre ensemble en France (guerres au Moyen-Orient ; pauvreté, épidémie et conflits locaux qui engendrent des exodes de populations). Toutes les guerres passées et qui se déroulent sous nos yeux, ne suppriment pas, les menaces contre la France si nous, si on ne s’attaque pas aux causes profondes de ces violences. La violence engendre la violence, mais ne la résout nullement. Nous avons besoin d’un monde de paix, de démocratie et de justice, seul capable de lutter contre les extrémismes et les peurs irrationnelles.

5 – La confiance en la France républicaine avec ses nombreux atouts

En dépit de la sinistrose, j’ai profondément confiance en ce beau pays, et cette rencontre, à la Ville de Plaisir, en date du 27 septembre 2014, est une vraie satisfaction, un plaisir. La France est la 5ème puissance du monde ; elle a de nombreux atouts (Tourisme, mode, TVG, téléphonie, gastronomie), mais sa classe politique n’est pas à la hauteur de la crise et ne fait pas rêver. La France, la vraie, reste républicaine. Le vivre ensemble a progressé, ceux qu’on appelle les immigrés ne partiront pas ; opportunités à saisir, écoles formations, sports, arts ; pirogues qui veulent venir en France. Je fier d’être ici, c’est un choix du cœur que j’assume pleinement, mais la France que j’aime c’est la France républicaine et tolérante et qui reprend confiance en elle-même. Il faudra désormais admettre et faire comprendre qu’on peut aimer la France, être citoyen français et assumer la plénitude d’une identité plurielle.

Bibliographie sélective :

RENAN (Ernest), Qu’est-ce qu’une Nation ?, conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne, Paris, Pierre Bordas et Fils, 1991, 63 pages ;

LOT (Francis), Fondements ethniques, sociologiques et politiques de la Nation française, Paris, A. Fayard, 1947, 594 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Vivre ensemble : entre confiance et défiance Paris, 1-2 décembre 2011, 175 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Entre temps court et temps long : les forums du CESE sur le vivre ensemble, Paris, P.U.F., 2013, 235 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Vivre ensemble : entre richesse et pauvreté Paris, 5 décembre 2013 ;

TOURAINE (Alain) Pourrons-nous vivre ensemble ? égaux mais différents, Paris, Fayard, 1997, 396 pages ;

BARRAL-BARON (André), Vivre ensemble avec nos conflits, Paris, éditions de l’Atelier, 1995, 172 pages ;

CARPENTIER (Claudine), Vivre ensemble et éducation dans les sociétés multiculturelles Paris, l’Harmattan, 2010, 224 pages ;

DACHEUX (Eric), sous la direction de, Vivre ensemble aujourd’hui : le lien social dans les démocraties plurielles, Paris, l’Harmattan, 2010, 291 pages ;

ALOUANI (Salah), Le patrimoine culturel au service du vivre ensemble : l’exemple de la Grande mosquée de Paris, une approche historique et patrimoniale, Paris, éditions universitaires européennes, 2012, 168 pages ;

PERRATON (Charles) et BONENFANT (Maude), Vivre ensemble, dans l’espace public, Presses universitaires du Québec, 2009, 224 pages ;

Parti socialiste, Conseil national, Convention égalité réelle, Paris, 9 novembre 2010, 46 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Construire l’avenir par une France plus forte et plus solidaire, Paris, 5 février 2010, note de synthèse 5 pages ; rapport complet 238 pages ;

BONNET (Gabriel), La France et l’intolérance, de la Révolution de 1789 à la fin de la IV République, Paris, Roblot Edimaf, 1982, 176 pages ;

PLENEL (Edwy) et ROLLAT (Alain), La République menacée, dix ans d’effet Le Pen, Paris, Le Monde éditions, Collection Actualité, 1992, 387 pages.

Paris, le 27 septembre 2014, par Amadou Bal BA, baamadou.over-blog.fr.

Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).
Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).

Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).

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