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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 13:10

J’ai regardé, avec une grande attention, le discours prononcé à la Rochelle, le 31 août 2014, de M. Manuel VALLS, premier ministre. Energique et habile, M. VALLS a, momentanément, éclipsé M. MONTEBOURG, et neutralisé, pour l’instant, les "Frondeurs". C’est un homme estimable, structuré, grand communicateur, affirmant et assumant sans complexe, avec une grande fougue, sa ligne politique de social-libéral. Il aime les entreprises et le Parti Socialiste. Le Premier Ministre a procédé à une affirmation de lui-même en prenant le pouvoir au sein du gouvernement, et consolidé son leadership. Il est brillant sur ce registre. Il faut l’en féliciter. Les principes et valeurs ne suffisent pas, il faut de l’écoute et des actes concrets pour renouer avec l’espérance. On attend plus de 2 ans après des résultats. En effet, le rôle d’un gouvernement est de répondre aux attentes des citoyens en termes d’emploi, de pouvoir d’achat, de logement, bref de changer leur vie. La politique c’est la volonté, mais dire qu’on ne peut rien faire, revient à décrédibiliser davantage l’action publique. «La fatalité triomphe dès qu’on croit en elle», disait Simone de Beauvoir. Nous voulons une révolution sociale sans reniement. Le progrès n’est pas qu’une accumulation des richesses, mais aussi et surtout un équilibre global menant à l’épanouissement de chacun.


Depuis le 6 mai 2012 nous sommes confrontés à cette question lancinante : quelle Gauche voulons-nous ?


«Il faut dire les choses pouvoir agir sur les choses», entonne le Premier secrétaire du PS. La crise politique que nous vivons n’est pas seulement qu’une question de discipline gouvernementale, elle est, avant et surtout, celle de la confiance et la réaffirmation de nos valeurs de Socialistes. Comment rebondir, et ne pas livrer la France au Front National ? Le dilemme est posé : vaincre ou périr. Je redoute qu’on ne livre la France au Front National. On a été éliminé au 1er tour des présidentielles de 2002, et sévèrement sanctionnés à toutes les législatives partielles, aux municipales et européennes de 2014. On s'attend à perdre la majorité au Sénat en septembre 2014, ainsi les régionales de 2015. Si cela continue comme cela, le candidat socialiste serait éliminé au 1er tour des présidentielles de 2017. «Il faut comprendre les raisons de ces défaites pour pouvoir les surmonter» souligne M. CAMBADELIS. Or, aucun examen de conscience n’est fait et on fonce droit dans le mur, avec nos certitudes. François HOLLANDE a été élu sur le profond rejet du Sarkozysme et son discours du Bourget fondé sur la défiance à la Finance. Le problème fondamental de François HOLLANDE est un sérieux doute sur la crédibilité de ses choix. Pendant deux ans, il a pratiqué une bonne synthèse, sans choisir. Puis il a affirmé son virage social-démocrate, mais malgré les sacrifices consentis notamment par les classes moyennes, les entreprises engrangent des bénéfices, mais ne créent pas des emplois et des déficits s’accumulent. Plus de 2 ans après, on n’a pas de résultats.


Nous devons nous rassembler autour de l’essentiel, parce que nous unit, comme l’a dit le Premier Ministre, est plus grand que ce qui nous divise. Cependant, nous sommes dans un pays démocratique, et ne rien peut contraindre les militants au silence lorsque notamment certains principes et valeurs sont en jeu. Les Socialistes ne doivent pas avoir peur du débat de fond. C’est un grand honneur que d’écouter ses militants. Le Parti Socialiste, comme l’avait dit Jean Jaurès, est le seul parti qui ait assez de foi dans la puissance de ses principes pour instituer un débat sur son orientation politique.


Nous voulons que la France réussisse, mais dans la compassion et l’attention accordée aux exclus et aux faibles. Tout le monde comprend la nécessité d’assurer les réformes et l’équilibre des comptes publics, mais à une double condition. D’une part, nous attendons, avec les efforts considérables consentis, des résultats en termes de croissance et d’emploi. D’autre part, la politique a une grande finalité, c’est rester au service de l’homme. Ce sont des politiques d’austérité inefficaces, injustes et conduisant à des succès électoraux de l’Extrême-droite. La peste brune menace. Nous devons introduire la morale en Politique. Pourquoi s’entêter dans l’erreur ? Le pouvoir politique doit arbitrer ce débat, en conformité avec nos valeurs de gauche.


Le Premier ministre l’a si bien dit «La République n’a pas pu ou n’a pas su tenir ses promesses». L’égalité réelle n’est pas l’égalité lointaine. La plus grande trahison de la Gauche est le refus d’appliquer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Pour ma part, ce renoncement est un casus belli. C’est une mesure hautement symbolique que nous attendons depuis 33 ans. Pourtant en 2012, le gouvernement avait, pour la première fois de l’histoire, une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et aurait donc pu appliquer la réforme. La diversité n’est pas représentée au gouvernement, dans les médias, dans la haute administration. Le racisme ne cesse de monter dans ce pays, et les Français issus de l’immigration sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Pour ce qui nous concerne, le chemin qui reste à parcourir pour atteindre l’égalité réelle, est encore long et sinueux. A côté de cette France républicaine, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existé, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là. Paradoxalement, c’est parce que l’intégration est en marche, et de façon irréversible, que les esprits mesquins sont saisis d’une peur irrationnelle. En effet, sous l’effet de la crise et de la lepénisation des esprits, les forces du Mal ne cessent de progresser dans ce merveilleux pays des droits de l’Homme. Ce qui me frappe le plus, c’est que certains Français n’ont plus honte de se réclamer ouvertement des idées abjectes de l’intolérance. Le Front National, devenu respectable, est le deuxième parti de France. «Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute» disait Alphonse de Lamartine (1790-1869).


Mais, le plus grave, à mon sens, est la démission d’une partie de la Gauche face à cette montée de la peste brune. Le Parti Socialiste, affublé des citations de Jaurès, se revendique des valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la réalité de son bilan, à tout le moins dans le traitement qu’il accorde aux Français issus de l’immigration, est moins glorieuse. Cette grande hypocrisie, ces affirmations de façade ne trompent plus personne, et sont la cause de l’abstention massive aux élections, et donc la défiance à la parole publique. Il n’y aucun représentant issu de l’immigration au sein des instances dirigeantes du Parti Socialiste. la ville de Paris, symbole pourtant de la fierté de la Gauche, ville colorée où cohabitent plus de 110 nationalités, la haute administration ainsi que les conseillers de Paris, sont exclusivement blancs, donc incolores, inodores et insipides.


A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Avant d’avoir le droit de vivre, chaque homme qui se respecte, doit être prêt à mourir pour les idées justes auxquelles il croit. Notre revendication légitime, mais non négociable est la suivante : la France républicaine, comme l’ont fait les Etats-Unis de Martin Luther KING, devrait assumer, enfin, son statut de pays multiculturel, si dénié et refoulé. Quand j’entends, certains cris de haine, comme l’injonction de Mme Nadine MORANO, de l’UMP, «Si tu n’es pas content, rentre chez toi !», je suis consterné par les mollesses de la Gauche, et notamment, même quand un membre du gouvernement, comme Mme TAUBIRA, fait constamment l’objet d’un lynchage médiatique. Les attaques de la Droit ont commencé à l’endroit de Mme Najat VALLAUD-BELKACEM. On n’est plus au temps de l’esclavage où l’on nous pendait sous un arbre, en toute impunité. Nous aussi sommes la France. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes plus dans les années 60, où les personnes venant du Tiers-monde étaient des immigrants, peu qualifiés, avec le mythe du retour au pays, et vivant en marge de la société française. La nouvelle génération éduquée, est enracinée, pour toujours, dans ce pays, revendique sa juste place. J’ai entendu les souffrances de ces jeunes français d’origine sénégalaise qui m’avait invité à la Défense en juin 2014. Tous issus de grandes écoles de commerce, bien formés et compétents me disent que leurs demandes d’emploi reviennent invariablement, avec la mention «ne correspond pas au profil recherché». Mais de quel profil parle t-on ? Il est temps que cela change. Je voudrais convoquer à la table de la justice et de la fraternité, les grands groupes français qui pillent les ressources africaines (Elf, Total, Orange, etc.), pour leur faire comprendre que la différence n’est pas un mal, mais une grande richesse. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING.

La colère gronde. Nous réclamons justice, égalité réelle pour que cessent, enfin, ces humiliations, et ce mépris permanent. Les pouvoirs publics parlent de "République". On cite à tort et à travers Jaurès, on nous tape sur le dos. Mais quand, il s'agit de récompenser de valeureux militants et très fidèles on nous dit, «il faut attendre». Cependant, nos demandes légitimes sont rejetées, de façon constante et sans appel. Les citoyens qui doutent sérieusement de la valeur de la parole publique, et se réfugient dans l’abstention, ou vont vers l’Extrême-droite. Le Parti Socialiste doit continuer à incarner l’espérance et le renouveau.
Notre colère est ancienne, mais personne ne nous écoute. On dit toujours «Soyez patients. Votre tour viendra». "Justice tardive, est déni de Justice" disent les juristes. On demande du respect pour notre militantisme, pour notre engagement républicain en faveur du bien-vivre ensemble. Nous souhaitons, vivement, de revenir à l’esprit du discours du Bourget, qui m’avait pleinement transporté dans l’ambiance de 1981. Nos espoirs en M. HOLLANDE étaient, et sont encore grands. Il reste encore trois ans, et il n’est jamais trop tard de bien faire. Car le disiez si bien, le candidat HOLLANDE, et j’y souscris, intégralement, «le changement, c’est maintenant».


Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. En raison d’un lavage de cerveau intensif, les différentes communautés africaines, antillaises, maghrébines et asiatiques sont divisées et concurrentes, donc inefficaces. Aucun OBAMA ou Martin Luther KING n’a pu émerger en France. Cependant, le Mal, sous la forme de l’injustice et du racisme, ne triomphera pas. Car la Vérité terrassée se redressera. Je sens une colère ancienne et sourde qui gronde encore plus fort, et plus insistante. Je perçois ce Zeitgeist, dont parlaient Hegel et Martin Luther KING, pour rétablir l’égalité rétablir l’égalité réelle, la fraternité, le bien –vivre ensemble et la justice. «Je vois la Terre promise de la liberté et de la justice», disait Martin Luther KING.

Sur le plan international, la crise Ebola menace en Afrique. Mais j’ai le sentiment que cette épidémie, qui guette tous les pays, n’a pas été prise au sérieux, à la mesure des dangers qu’elle fait peser sur la santé de tous. Les grandes épidémies, contrairement, au fameux nuage nucléaire de Tchernobyl qui était censé s’arrêter à la frontière, traverseront les frontières. La plus grande aide que l’on puisse apporter à l’Afrique ce n’est pas seulement que les interventions militaires, mais c’est la démocratie. Seule la démocratie est de nature à résoudre durablement les problèmes africains. Par ailleurs, nous attendons avec un grand intérêt, votre engagement de mettre fin à la Françafrique. Ainsi, divers chefs d’Etat africains, préparent la modification de leur Constitution, afin de se maintenir, à vie, comme président (Joseph KABILA au Congo, Blaise COMPAORE au Burkina Faso, Ali BONGO au Gabon, Faure EYADEMA au Togo, etc.). L’aide la plus précieuse qui pourrait être apportée aux Africains, c’est bien sûr la paix. Vous avez raison d’insister sur ce point, mais aussi, et surtout la démocratie. Car la plupart, de ces pays évoqués sont riches, cependant leurs ressources sont pillées par des gouvernements autoritaires et corrompus. Ce qui alimente l’immigration, les guerres et la malgouvernance.


Paris, le 31 août 2014, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

M. Manuel VALLS, premier ministre de la France.
M. Manuel VALLS, premier ministre de la France.

M. Manuel VALLS, premier ministre de la France.

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