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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 16:18

William SHAKESPEARE, un magicien des mots, fête ses 450 ans (23 avril 1564 – 23 avril 1616), par Amadou Bal BA - Baamadou.over-blog.fr.

William Shakespeare est né probablement le 23 avril 1564 à Stratford-upon-Avon. On ignore sa date exacte de naissance, m ais elle est traditionnellement célébrée le 23 avril, jour de la Saint-Georges, patron de l’Angleterre. Il est mort le 23 avril 1616 dans la même ville. Considéré comme l'un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains de la culture anglaise, il est réputé pour sa maîtrise des formes poétiques et littéraires, ainsi que sa capacité à représenter les aspects de la nature humaine. Figure éminente de la culture occidentale, Shakespeare continue d’influencer les artistes d’aujourd’hui. L'anglais est d'ailleurs souvent surnommé la langue de Shakespeare tant cet auteur a marqué la langue de son pays en inventant de nombreux termes et expressions. Certaines citations d'ailleurs sont passées telles quelles dans le langage courant.

SHAKESPEARE, ce magicien des mots et acteur au théâtre du Globe, est un génie de la littérature qui a excellé dans différents domaines, comme les tragédies, les pièces historiques, les comédies, les tragicomédies et les poèmes. L'originalité de la pensée de SHAKESPEARE, la richesse et la variété de son style, ses nombreuses expressions idiomatiques, locutions à double sens et calembours, sont un véritable délice pour les amoureux des lettres, mais un supplice pour les traducteurs.

Il est traduit dans un grand nombre de langues et, selon l'Index Translationum, avec un total de 4 159 traductions, il vient au troisième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie et Jules Verne. Ses pièces sont régulièrement jouées partout dans le monde. Shakespeare est l’un des rares dramaturges à avoir pratiqué aussi bien la comédie que la tragédie. Shakespeare écrivit trente-sept œuvres dramatiques, entre les années 1580 et 1613. Mais la chronologie exacte de ses pièces est encore discutée. Cependant, le volume de ses créations n'apparaît pas comme exceptionnel en regard de critères de l’époque. On mesure l’influence de Shakespeare sur la culture anglo-saxonne en observant les nombreuses références qui lui sont faites, que ce soit à travers des citations, des titres d’œuvres ou les innombrables adaptations de ses œuvres.

La vie et l’œuvre de SHAKESPEARE ont été l'objet de vives controverses. Certains ont longtemps douté de son existence. D'autres lui ont contesté la paternité de ses pièces. Ces controverses sont aujourd'hui en grande partie éteintes. Son existence est historiquement établie. Et il est bien considéré comme l'auteur de ses pièces, même si leur chronologie et leur genèse soulèvent encore des difficultés.

  • Vénus et Adonis (poésie, 1593) ; Henri VI (théâtre, 1588-1592).
  • La Mégère apprivoisée (comédie, 1592-1595).

Une quarantaine de pièces :

  • Parmi les comédies : Le Songe d'une nuit d'été (1592-1595) ; Beaucoup de bruit pour rien (1595-1600) ; Les Joyeuses Commères de Windsor (1600-1601).
  • Parmi les tragédies : Macbeth et Le Roi Lear (1605-1607) ; Hamlet (1595-1600) ; Othello (1601-1604) ; Roméo et Juliette (1595).
  • Parmi les drames historiques : Richard II (1595-1600) ; Richard III (1592-1595) ; Henri IV (1595-1600).

Penseur de la Renaissance, SHAKESPEARE, à travers notamment ses tragédies, a contribué, de façon décisive, au sortir du Moyen Age, à l’émergence du Moi, et donc de l’individualisation et du réalisme en Occident. Naturellement, j’ai adoré Roméo et Juliette (1595), cette tragédie de l’amour. A Vérone, dans un climat de haine et de violence, deux adolescents, Roméo Montaigu et Juliette Capulet, appartenant à deux familles ennemies, tombent amoureux l’un de l’autre, et se marient secrètement. Si l’amour met Juliette à l’émancipation, il place Roméo sur la voie de la maturité. Mais leur amour contrarié fini par un double suicide. Les deux familles se réconcilient alors devant le corps de leurs enfants. Par conséquent, l’influence italienne est certaine. SHAKESPEARE a ajouté sa touche de génie, en insistant sur le rôle de la «Fortune» aveugle dans la destinée des amants. Dans les versions antérieures, l’histoire s’étale sur plusieurs mois et perd de son intensité dramatique. Dans sa tragédie, au contraire, SHAKESPEARE opère un resserrement en 5 jours. La pièce, en 5 actes, y gagne en rigueur et en vigueur. Il s’en suit une impétuosité qui colle parfaitement à la brutalité de l’amour innocent et contrarié, la fougue de la jeunesse et la violence des passions. L’Amour pur, mais impossible, est cette illumination qui, soudain, donne du sens à leur existence. Cette tragédie de Roméo et Juliette est finalement une célébration du bonheur fugitif, du caractère intemporel de l’Amour, au même titre que les histoires d’Orphée et Eurydice, de Tristan et Iseut.

C’est François Marie AROUET, dit VOLTAIRE, qui a fait connaitre l’auteur d’Hamlet en France et en Europe. SHAKESPEARE ivre de langage, sorcier et maître du verbe, nous a démontré que toute parole est mensonge, et que toute âme ouverte à la parole entre dans un monde d'illusion totale d'où il n'y a d'issue que vers la conscience de solitude et vers le silence, où entrera enfin Hamlet. Après la mort du Roi Hamlet au Danemark, le remariage de Gertrude avec Claudius. Hamlet, fils éponyme du roi défunt, apprend que ce dernier a tué son père. Il ne sait comment agir et fait face à un dilemme, d’où ce fameux monologue, à l’Acte III, scène 1, que tout le monde a encore gardé en mémoire, «To Be or Not Be ; that is the Question» :

«Etre, ou ne pas être, c’est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte? Mourir.., dormir, rien de plus... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir.., dormir, dormir! peut-être rêver! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas? Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d’action... Doucement, maintenant! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons souviens-toi de tous mes péchés».

C’est encore un autre illustre français, François-Victor HUGO (28 octobre 1828 – 26 décembre 1873, à Paris), 4ème des 5 enfants de Victor HUGO, qui a fait traduire les sonnets de SHAKESPEARE en 1857. La Nouvelle Revue Française a en 1969, avec une version française de Pierre Jean JOUVE traduit ces « Sonnets ». « Il n’est pas d’expression plus vive et plus cruelle de l’amour que ces incomparables sonnets. Ce n’est pas pourtant cela qui fait leur gloire. Leur gloire semble encore être attachée à l’existence d’un phénomène poétique se déroulant, à travers le lyrisme tour à tour brillant, impassible féroce et sanglotant », dit dans la préface Pierre JOUVE. Les cent cinquante quatre poèmes raffinés, écrits dans une langue précieuse, sont une des plus belles réussites d'une époque féconde en poésies amoureuses. Ils présentent des considérations sur le désir, la jalousie, la hantise de la vieillesse et de la mort ainsi qu'une analyse très fine du sentiment amoureux. « Ces sonnets n’étaient point faits, du reste, pour être lus pour le public ; ils étaient conçus pour une récitation à voix basse, ou une confidence amoureuse, ou une sourde querelle », précise Pierre JOUVE. Les Sonnets décrivent un amour passionné sur fond de jalousie ; ce qui leur donne un caractère privé et scandaleux. À la première lecture on peut penser que ces Sonnets sont dédiés à une femme et que c’est le poète lui-même qui parle, mais en fait, les Sonnets sont dédiés à un homme dont on ignore l’identité. Au fil des Sonnets le ton du poète change. Les premiers poèmes s’adressent plus à un homme, les autres à une mystérieuse Dame Noire et les deux derniers sont plutôt d’inspiration grecque. Il y a une certaine morale dans les Sonnets, la vérité, la beauté et la bonté devraient être nos modèles de vie. Pour SHAKESPEARE la mort n’existe pas. Le temps est éternel. Aussi longtemps que ses poèmes seront lus, il ne mourra pas. De même, sa muse ne mourra jamais puisqu’elle est immortalisée dans ses poèmes. Un second facteur qui fait que la mort n’existe pas pour SHAKESPEARE est que la famille assure la vie éternelle de leur ancêtre. La vraie beauté reste pour toujours dans la mémoire et les souvenirs des êtres chers. Puisque le temps est éternel, la beauté l’est aussi. Pour SHAKESPEARE, le temps ne s’arrête jamais. Il continue au-delà de la mort. William SHAKESPEARE évoque sa relation avec la postérité, dans son poème 145 de ses sonnets :

«Quand je serai mort, cessez de me pleurer aussitôt que le glas sinistre aura averti le monde que je me suis enfui de ce vil monde pour demeurer avec les plus vils.

Non ! si vous lisez ces lignes, ne vous souvenez pas de la main qui les a écrites, car je vous aime tant que je voudrais être oublié de votre pensée, si cela doit vous attrister de penser alors de moi.

Oh ! Je le répète, si vous jetez l’œil sur ces vers, quand peut-être je serai confondu avec l’argile, n’allez pas même redire mon pauvre nom : mais que votre amour pour moi finisse avec ma vie même».

SHAKESPEARE a fait graver sur sa tombe cette étrange épitaphe : "Qu'on respecte ces pierres, et maudit soit celui qui dérangerait ces os".

William SHAKESPEARE croit en la rédemption, dans sa dernière grande pièce de théâtre, «La tempête» (1612). Prospero est légitimement le duc de Milan, mais son frère, Antonio, le détrône car il trouvait qu'il lisait trop et qu'il ne dirigeait pas assez. Prospero et sa fille, alors âgée de trois ans, sont envoyés en exil sur une île déserte entre l'Afrique et l'Italie. Magicien contrôlant les esprits et les éléments naturels grâce à ses livres, il règne en maître sur cette île, où il a deux disciples : Ariel, génie de l'air qu'il a libéré de la sorcière Sycorax, et devenu son serviteur, et Caliban, monstre et esclave. Bien que son art magique ne lui ait pas jadis prédit la trahison, il lui révèle l'approche d'un navire portant l'usurpateur, le roi de Naples son complice, un brave homme qu'ils raillent, et quelques nobles canailles. Prospero déchaîne sur eux l'apparence d'une tempête qui semble tout détruire et sépare le roi de Naples de son fils, de sorte qu'ils se croient l'un et l'autre mort. Ferdinand, pleurant son père, rencontre Miranda, et c'est l'habituel coup de foudre, la révélation réciproque. Cependant, l'usurpateur de Milan, ne se reposant pas sur ses lauriers, suggère au frère du roi de Naples de l'égorger dans son sommeil afin de prendre sa place. La magie de Prospero arrêtera leur bras, puis il leur pardonnera à tous largement, car ce sont gens de bonne compagnie. Devant leur édifiante troupe Miranda s'écriera : «Comme l'humanité est belle !». En définitive, ni la nature, ni l’histoire, ne sont le terrain d’action de la morale. Le rêve que caressaient les hommes de la Renaissance de dominer la nature est irréalisable. La matière se révolte et l’énergie ne peut être retenue captive. Il n’est pour les vaincre que l’amour et le pardon, seuls capables de s’élever au-dessus de cette bouffonnerie extravagante et éphémère que nous appelons la vie.

En dépit de cet âge avancé de 450 ans, William SHAKESPEARE, par la lumière qu’il a en lui, est toujours présent dans nos esprits. Alors, bon anniversaire !

Paris le 27 avril 2014, par Amadou Bal BA, Baamadou.over-blog.fr.

William SHAKESPEARE, un magicien des mots, fête ses 450 ans (23 avril 1564 – 23 avril 1616). Baamadou.over-blog.fr.

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